[STORY] Corvette Evolution

La Machine de Guerre

Dans les années 1950, l’Amérique est confrontée à une nouvelle tendance automobile : Les militaires qui reviennent d’Europe après leur implication dans le conflit d’Indochine semblent pour la plupart être tombés amoureux des petits Roadsters européens. Un concept jusque-là inexistant chez l’Oncle Sam. La puissante General Motors, par le biais de sa filiale Chevrolet va alors s’emparer du phénomène grâce à une machine de guerre au nom on ne peu plus explicite : La Corvette.



Sommaire

1. Corvette C1 | Solid-Axle
2. Corvette C2 | Sting Ray
3. Corvette C3 | Mako Shark II
4. Corvette C4
5. Corvette C5
6. Corvette C6
7.1 Corvette C7
7.2 Conclusion


Corvette C1 | Solid-Axle | 1953 – 1962

>S6 | 235ci / 3.9L | 150cv | 172kmh

C’est dans la plus grande des timidités que naît la Corvette première du nom, en 1953. Et pour cause, la C1 qui se voit très rapidement surnommée « Solid-Axle » en référence à l’absence de suspension arrière indépendante, n’est pas spécialement gâtée du point de vue motorisation. Afin de tâter le terrain tout en limitant les coûts de production, elle hérite du 235ci (3.9L) qui équipe toutes les Chevrolet de cette époque. C’est un 6 en ligne de 12 soupapes 100% fonte tout ce qu’il y a de plus commun, mais avec un taux de compression amélioré, trois carburateurs Carter latéraux, et surtout des levées de soupapes plus hard, il atteint les 150cv. Petite piqûre de rappel indispensable : En 1953, les techniques de mesure de puissance ne sont pas tout à fait identiques à celles que l’on utilise en 2018, mais surtout on parle ici de 150cv gross, traduisez brut. C’est-à-dire que le relevé se fait à la sortie de l’arbre de transmission, sans aucune contrainte mécanique, ni climatique, ni géologique. Du hors-taxe sans TVA en somme. Sachant qu’à l’époque, le moindre accessoire engendrait des pertes d’énergies hallucinantes dans le transfert de puissance, il valait mieux que les constructeurs ne communiquent pas les chiffres à la roue ! En bref, les 150cv, produit par le BlueFlame – c’est le nom du moulin – étaient transmis à une boite de vitesses automatique bi-rapports type PowerGlide, capable de propulser la C1 à 172kmh. On comprend mieux pourquoi les États-Unis sont devenus les boss de la boite auto ! Cependant, la véritable révolution fut l’emploi massif de fibres de verre renforcées pour la conception de la carrosserie, qui ne dépassait pas les 190kg, avant d’être fixée au châssis. Certaines rumeurs indiquent que Chevrolet n’aurait pas opté pour la fibre par choix, mais plutôt par contrainte, due à une pénurie de matériaux. Rumeurs qui restent infondées 65 ans plus tard…

 

>V8 | 265ci / 4.3L | 195cv | 193kmh

Malgré les efforts de Chevrolet, la soupe ne prend pas et les chiffres de ventes dévissent de plus en plus dès la première année de production. Le 6 en ligne, très faiblard, ne fait pas l’unanimité et G.M se trouve sur le point de mettre un terme à la production de la Corvette. C’est alors que Ford, rival historique, dévoile une Thunderbird toute pimpante, vendue comme une voiture de luxe mais surtout équipée d’un bon gros V8 bien coupleux. S’en est trop pour G.M qui ne peut se résoudre à abdiquer devant un tel challenge. La firme va prendre une décision radicale en introduisant son tout premier Small-Block, simultanément sous les capots de la ‘Vette et de la Bel Air. Il s’agit d’un beau V8 16v de 265ci (4.3L), équipé d’un seul carburateur Carter quad-corps et développant 195cv gross. Non content du résultat, G.M enfonce le clou en fournissant une toute nouvelle boite 3 rapports manuelle à Chevrolet. La nouvelle formule capable d’atteindre 193kmh transcende la Corvette et permet enfin de stabiliser les ventes. Les mois suivants vont voir disparaître l’inutile 6 en ligne, alors que la boite manuelle 3 rapports deviendra le standard. G.M va optimiser son V8 jusqu’à lui faire cracher 240cv gross.

 

>V8 | 283ci / 4.6L | 283cv | 217kmh

1957 voit de sérieux changements mécaniques arriver : Le V8 prend du muscle avec une cylindrée qui monte désormais à 283ci (4.6L). L’injection fait son entrée dans le catalogue en tant qu’option, aux cotés d’une toute nouvelle boite manuelle à 4 rapports. Le bloc se targue de 290cv gross, mais le service marketing décide d’officialiser le chiffre 283cv pour utiliser son slogan ravageur : « 283ci pour 283cv. 1cv par ci ». Le modèle 1958 verra apparaître les 4 phares avant, suivi des 4 feux arrières en 1961. Cette année voit même une ultime évolution du 283ci qui produit jusqu’à 315cv gross.

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>V8 | 327ci / 5.4L | 360cv | 225kmh

Même si les premiers tirs restent timides, la Corvette est destinée à devenir une machine de guerre. Il ne faudrait pas oublier son patronyme sans équivoque, et pour y parvenir, la G.M. veille au grain. Afin d’annoncer la couleur sur la prochaine génération de Corvette, la firme gonfle encore un peu plus son V8. Il cube à présent 327ci (5.4L) et développe 360cv gross. Le rouleau compresseur G.M. est en marche et s’apprête à écraser le Nouveau-Continent.


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