[FOCUS] Renault Clio Williams®

La Légende du W

En toute fin des années 1980, alors que le marché des GTi bat son plein, Renault décide de balayer d’un revers de piston sa philosophie de la sportivité tout-turbo. Avec sa nouvelle Clio, tout semble rouler à merveille, à l’exception du Rallye Groupe A. Le constructeur français doit donc réagir…

Fiche technique complète

IDENTITÉ : 
DénominationWilliams / Swiss Champion
Millésime1993-1996
Type MineVF1 C57M
Fiscalité10cv
---MOTEUR---
CodeF7R 700
BlocAlu
ArchitectureL4 DOHC
Cylindrée1998cc (2.0L)
AspirationAtmo
Soupapes16s
ImplantationTransversal avant
GestionFenix 3 inj. multi
AxC82,7 x 93,0
PMax150cv @6100rpm
CMax178nm @4500rpm
RMax6500rpm
---TRANSMISSION---
Type(FWD) Traction
BoiteJC5 à 5 rapports + MAr
manuelle
---ROUES---
Pneus185/55 V15 (Speedline)
Freins avantDisques Ventilés 259mm
Freins arrièreDisques pleins 238mm
Aides---
---PERFS---
VMax216 km/h
0-100 km/h7"9
80-120 km/h
400m15"6
1000m29"0
Poids990 kg
RPP6.6 kg/cv
Rendement75 cv/L
Conso Mixte7,8 l/100
Tarif neuf de base129 500 frs
Cote 20176000€ > 20.000€

1989. Exit les usines à gaz suralimentées, les trains avant qui cherchent la route, les cardans qui morflent et les gommes qui s’usent plus vite que le plein de la voiture. La firme au Losange vient d’introduire son tout premier moteur mutlisoupapes, le F7P, sur le marché sportif. Il s’agit d’un 4 cylindres en ligne à 16 soupapes de 1.8L (1764 cm³) commandé par un double arbre à cames en tête qui sera fièrement porté par la R19 16s. Même si l’auto est sympa, avec une gueule relativement agressive, elle n’en est pas moins une compacte et les 140cv offerts par le bouilleur tirent difficilement les 1100 kg de la bête. Afin de palier à ce problème, la Régie va tenter une greffe impossible l’année suivante en implantant son multisouapes dans sa nouvelle citadine. Ainsi prend vie la Clio 16s. Mais alors que tous les voyants sont au vert durant les deux premières années, elle peine en rallye Groupe A, principalement à cause de sa cylindrée, inférieure à ses concurrentes, mettant en péril le palmarès de Renault en compétition.

C’est donc en toute logique que la Régie se lance dans l’élaboration d’une Clio à moteur 2.0L, qu’elle devra faire homologuer à hauteur de 2500 exemplaires minimum, si elle souhaite engager sa petite bombe en Groupe A. Son nom ? La Clio Williams®.

>Moteur

Le principal problème de Renault est que dans sa banque d’organes, on ne trouve qu’un seul bloc de 2.0L de cylindrée : Le moteur « J ». Or, il s’agit d’une base archaïque dont la culasse la plus aboutie ne comporte que 12 soupapes. Bien trop rétrograde mais surtout excessivement coûteux en termes de modifications. C’est finalement le bloc « F » déjà présent dans la Clio 16s qui sera retenu pour concrétiser le projet.

En augmentant l’alésage des pistons puis la course via l’utilisation d’un vilebrequin déjà existant (celui de la Clio 1.9d !!!) Renault fait passer la puissance de 137cv @ 150cv. Au passage, les ingenieurs parviennent à gratter un peu couple en atteignant les 178Nm. Le nouveau F7R-700 était né ! Cependant, certaines contraintes mécaniques impliquent la limitation du régime moteur à 6500rpm. Un détail qui fait redescendre très vite sur Terre, lorsque l’on sait que le couple maxi est atteint aux alentours de 4500rpm et qu’il faut encore attendre les 5000rpm pour sortir du fameux « trou des 4000 » si spécifique à ce bloc. Au final, la plage de jouissance peine à s’étendre sur 1500rpm avant le rupteur. On pourrait presque croire à une mauvaise blague, mais ce serait sans compter tout le reste. Car s’est effectivement le reste qui va se montrer payant et inscrire de manière indélébile les lettres de noblesse de la Clio Williams® dans l’histoire de l’automobile.

>Extérieur

Si les performances de la Clio 1.8L 16s n’ont pas à rougir face à celles de la Clio Williams, cette dernière va littéralement rouler sur tout le microcosme des autos produites en séries limitées. Williams et Renault vont déployer une palette impressionnante de détails, demeurant inégalée à ce jour. La liste est si longue qu’à l’heure où je rédige ces lignes, je crains de ne pouvoir être exhaustif. Pour commencer, sachez que lorsqu’une Clio Williams pénètre votre champ de vison, aussi distrait soyez-vous, vous ne distinguez qu’elle. Totalement emprunte de bon goût, et assumant pleinement ses formes, cette auto dégage une telle aura qu’on ne conçoit plus qu’il s’agisse juste d’une Clio. Parée du Bleu Sport 449 inauguré par la GT Turbo Alain Oreille, la Williams repose sur de majestueuses jantes Speedline dorées de 15″. Ses ailes gonflées exhibent dignement les badges 2.0L tandis que la hauteur de caisse est surbaissée via l’utilisation d’une suspension spécifique. Grâce à ses nouveaux bras qu’elle emprunte à la R19s, sa voie avant se trouve nettement élargie. En reprenant les traits déjà bien musclés de la Clio 16s, elle impose le respect dès le premier regard.

>Interieur

On ne rentre pas à l’intérieur d’une Clio Williams, on se pose sur la planète Williams : La belle arbore des sièges baquets empruntés à la R19 16s -encore elle- et surpiqués de bleu. Ils révèlent fièrement le W de Williams, brodé sur chaque dossier. De l’épaisse moquette jusqu’au fond de compteurs en passant par le pommeau de levier et les cinq ceintures, tout est de bleu vêtu.

Instrumentation de la Clio Williams®

Et la cerise sur le pudding, la final touch, le top du top of the top pour cette collaboration Franco-Britannique, c’est la plaque dorée et gravée du numéro de production qui trône, -faussement- rivetée au beau milieu de la planche de bord. Bienvenue dans la galaxie Williams ! A ce jeu, même la plage arrière a le droit à sa petite transformation et intègre un astucieux range-costumes… So British ! Merci Francky ! Petit bémol toutefois : La plaque numérotée disparaît après la production de la 2500ème Clio Williams, et ça c’est quand même vachement moins glop !

>Évolution

En 1994, l’intégralité de la gamme Clio passe au bistouri. La Clio 16s suit le mouvement, et forcement la Williams n’y échappe pas.

Extérieurement, elle adopte des baguettes plus larges qui intègrent à présent les monogrammes « 2.0 ». La face avant affiche une calandre modernisée et enfin peinte ! A l’arrière, les feux sont légèrement bombés tandis qu’un long catadioptre traverse le hayon dans sa largeur, obligeant les logos à être placés plus haut. Le bras d’essuie-glace devient plus discret. Comme toutes les nouvelles Clio, les rétroviseurs sont élargis et  la trappe à essence est empruntée au Kangoo. Dans l’habitacle, rien ne change ou presque, puisque la grande nouveauté de la Clio 16v est l’arrivée des sièges de la R19 16v que la Williams revendiquait déjà lors de son lancement. La commande de chauffage s’affine et la fameuse plaque numérotée demeure encore et toujours aux abonnés absents. Il est à noter que les dernières Williams, de 1995 à 1996 sortent de l’usine parées d’une nouvelle teinte : le Bleu Méthyl 432 qui comporte une nuance de violet. Le F7R quant à lui ne subit aucune modification.

>La fin de la légende

Comme pour tirer une révérence certaine, Renault et Williams offrent en 1996 une ultime version de leur Clio Williams, baptisée Swiss Champion.

Badging Swiss Champion®

Cette dernière conserve le récent Bleu Méthyl et porte des badgings Swiss Champion en plus des Williams. C’est l’intérieur qui voit le plus de modifications, à commencer par un étonnant volant trois branches tulipé totalement exclusif. La SC sonne également le retour de la plaque non plus rivetée, mais vissée –toujours aussi faussement d’ailleurs- sur la planche de bord. L’auto est équipée d’un système hi-fi Sony complet, avec un chargeur de CD dans la boîte à gants et une plage arrière de type soundboard toute bleue qui abandonne le range-costumes au profit de 2 énormes haut-parleurs de 120 watts ! Le moteur reste inchangé et produit toujours 150cv. La Clio Williams Swiss Champion est produite à 500 exemplaires, pas un de plus et est uniquement destinée à nos amis Helvètes.

>Compétition

Tout comme la plus grande partie de la production automobile, la Clio à immédiatement entamé une carrière sportive, notamment en Rallye Groupe A :

La Clio 1800cm³ Groupe A DIAC® N#17 pilotée par Jean Ragnotti en 1993

Mais ça, c’était avant… Avant la Clio Williams ! N’oublions pas que Renault s’est servi de la belle bleue pour pouvoir engager un véritable monstre en compétition. Voici à quoi ressemblait le monstre en question dès le millésime 1994 :

La Clio 2000 cm³ Maxi Groupe A DIAC® N#14 toujours pilotée par Jean Ragnotti

 

>Appellations commerciales

En France, la Clio Williams® n’a jamais changé sa dénomination commerciale en fonction de sa série, ce qui n’est pas le cas des autres pays. Dans la majeure partie des exports, la phase 2 s’appelait Williams® 2 et ceux qui ont eu la chance d’avoir une phase 3 voyaient l’appellation Williams® 3, exception faite de la Suisse pour qui la Swiss Champion® est considérée comme leur troisième série.

 


C’est un joli petit jouet que nous à offert Renault pour le coup. L’ennui avec la Williams® c’est sa côte qui ne cesse de grimper. Les exemplaires restants et pas encore dépouillés se faisant de plus en plus rares, il devient très difficile d’en faire l’acquisition. Un gage de plus qu’il s’agit bien là d’une auto Mythique !

ShiftLightment,
LeTorr.

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